L’égo est votre plus gros frein

J’ai commencé à pratiquer les arts martiaux à 8 ans après deux années de négociation avec mes parents. À cet âge, tout me fascinait dans la voie martiale : les légendes des grands maîtres, les athlètes de haut niveau, les démonstrations spectaculaires, les films, les mangas, etc.

J’ai débuté avec le judo, puis le karaté, le taekwondo, le kung-fu et à 18 ans, je me suis inscrit dans un club de boxe.

Les premières minutes dans cette salle sont encore gravées dans ma mémoire. Je passais d’un univers de dojo familial à une salle de compétiteurs professionnels.

Boom ! Un déclic. Je me suis jeté à fond dans le Muay Thaï pendant des années.

Malheureusement, mon corps appréciait moins ce style de boxe. Les années de Muay Thaï sont aussi les années où je me suis le plus blessé.

Un jour, j’ai découvert le MMA (Arts Martiaux Mixtes), c’était en 2008. Ce sport était encore peu connu en France mais notre club développait une jeune section MMA et j’ai voulu essayer.

Dès les premiers cours, je me suis fait rouler dessus. La lutte et le sol des pratiquants neutralisaient systématiquement ma boxe.

Christian Lee Vs. Timofey Nastyukhin

C’est à ce moment que mon EGO a pris le dessus !

Quand vous pratiquez le MMA, il y a souvent une opposition de style. Le boxeur vs le lutteur est la plus connue.

Alors, j’ai décidé de me concentrer sur ma boxe et de l’adapter au MMA.

Objectif : ne pas tomber et si je tombe, me relever le plus vite possible.

J’ai choisi de fuir l’inconnu et de tout faire pour rester dans ma zone de confort.

Après tout, en 2008, j’avais consacré beaucoup de temps à apprendre le combat debout et j’arrivais à défendre la lutte avec mon expérience du judo.

J’ai écouté mon ego car je voulais gagner rapidement des combats, que ce soit au club ou en compétition.

Et pendant des années, j’ai pratiqué le MMA en me concentrant sur comment gagner en m’appuyant sur mes forces plutôt que d’essayer de travailler mes faiblesses.

À l’époque, beaucoup de pratiquants adoptaient la même stratégie et cela fonctionnait bien jusqu’à un certain niveau. J’ai gagné des combats et compétitions avec cette stratégie.

Puis mon ego était si fort que je choisissais les compétitions où les règles favorisaient le combat debout.

Avec le recul, je me réalise à quel point mon ego a été un frein dans ma progression.

Si à 23 ans, j’avais eu l’humilité suffisante pour me remettre en question et sortir de ma zone de confort, j’aurais gagné beaucoup de temps !

Aujourd’hui, je suis heureux d’écrire ces lignes et d’avoir pris conscience de l’impact de mon ego sur ma progression.

Cette histoire m’a servi de leçon de vie.

Quand j’ai commencé à étudier la préparation mentale, j’ai pris conscience de l’impact de l’ego sur mon quotidien.

Seiza Formation

J’ai appris à être lucide, à accepter la réalité et à me concentrer sur mes objectifs.

Le froid est un très bon exemple pour travailler ces thématiques. 

J’ai appris à désapprendre.

J’ai appris à me mettre en danger en essayant de nouvelles activités.

Et, j’ai compris un principe que mon maître de judo m’enseignait quand j’avais 8 ans : SHOSHIN

SHOSHIN, c’est l’état d’esprit du débutant. Toute sa vie, un pratiquant d’arts martiaux doit garder cette ouverture d’esprit, cette envie d’apprendre et de découvrir.

Et vous ? Vous en êtes où avec votre EGO ?